Catégories

Traitements innovants en toxicomanie

Juin 2023


Le 19 avril 2023, plusieurs médias québécois véhiculent la nouvelle suivante : la vente de produits de vapotage comportant un arôme outre que le tabac sera interdite dans les 90 prochains jours (1). Mais quels sont les produits touchés par cette nouvelle réglementation ? Connus sous différents noms tels que cigarettes électroniques ou « vapes » ces dispositifs sont des appareils portatifs qui réchauffent une solution comportant de la nicotine, un agent humidifiant et des composés volatils de synthèse, afin d’en permettre l’inhalation (2). Quel est le raisonnement motivant la décision de réglementer l’utilisation de la vape ?

Au Québec, il est estimé que 20% des personnes qui utilisent la vape sont des jeunes âgés de moins de 18 (1). Des données récoltées aux États-Unis et au Canada suggèrent une augmentation significative de l’utilisation des produits de vapotage à la nicotine dans les dernières années, spécialement chez les jeunes (3). Sa popularité pourrait être attribuable aux couleurs attrayantes des appareils et la myriade de saveurs disponibles, incluant « daiquiri » et « pêche givrée » (2). Un autre élément contribuant à cette tendance correspond à la perception sociétale des risques de santé associés à la vape. C’est-à-dire que plus de la moitié des utilisateurs réguliers de vape considère qu’elle est inoffensive (4). Mais est-ce que ces dispositifs sont autant dénués de risque qu’on ne pourrait le soupçonner ?Bas du formulaire

Des données suggèrent que l’utilisation de la vape comporte des risques neurologiques, pulmonaires et pour la santé mentale, en plus de contenir des métabolites cancérigènes (2). En 2019, 39 décès potentiellement attribuables à l’usage de vape ont été rapportés aux États-Unis, un résultat pouvant possiblement être relié à leur contenu élevé en vitamine E (2). Aussi, la nicotine présente dans ce dispositif est susceptible d’avoir des impacts neurocognitifs importants chez les jeunes, puisque le cerveau de ces derniers est encore en développement. Ensuite, fumer la vapoteuse en jeune âge augmente le risque de développer du tabagisme ultérieurement (5). Finalement, l’utilisation de la vape est récente, ainsi, plusieurs de ses risques demeurent inconnus (6). En absence de données probantes sur l’innocuité du produit dans différents contextes chez différentes populations et pour tenter de réduire son utilisation chez les jeunes, des réglementations ont été émises (1).

Bien qu’utiliser la vape comporte des risques, pourrait-on la considérer comme une alternative sécuritaire à la prise de tabac et serait-ce un outil pouvant soutenir la cessation tabagique ?  Pour ce qui est de la population mineure, l’utilisation de la vape est associée à un risque significativement plus élevé de consommer davantage de produits de vapotage et de cigarette commerciale (5). Quant à la population adulte, les données sont moins concluantes (6). Il n’est donc pas impossible que le vapotage soit un outil qui soutienne la diminution ou la cessation de la prise de cigarettes dans certains contextes bien définis. Cependant, puisque les données sont insuffisantes pour émettre cette recommandation, les stratégies de cessation tabagique soutenues par des données probantes d’efficacité, telle que des produits de remplacement nicotinique, des molécules pharmaceutiques ou des interventions de la communauté professionnelle en santé, demeurent les alternatives généralement privilégiées (2, 7). Des études futures seront nécessaires pour déterminer si la vape pourrait se tisser une place dans l’arsenal de méthodes disponibles pour soutenir les personnes qui doivent composer avec le tabagisme.

Pour obtenir de l’aide sur les stratégies de sevrage tabagique, renseignez-vous ici.

Sabrina Bijou (she/her/elle)

Références

  1. QMI A. Vapotage: Québec interdit les saveurs tvanouvelles.ca: TVA Nouvelles; 2023 [Available from: https://www.tvanouvelles.ca/2023/04/19/vapotage-quebec-interdira-les-saveurs-et-les-aromes-autres-que-ceux-du-tabac.
  2. Dinardo P, Rome ES. Vaping: The new wave of nicotine addiction. Cleveland Clinic Journal of Medicine. 2019;86(12):789-98.
  3. Hammond D, Reid JL, Burkhalter R, O’Connor RJ, Goniewicz ML, Wackowski OA, Thrasher JF, Hitchman SC. Trends in e-cigarette brands, devices and the nicotine profile of products used by youth in England, Canada and the USA: 2017-2019. Tob Control. 2023 Jan;32(1):19-29. doi: 10.1136/tobaccocontrol-2020-056371.
  4. Bernat D, Gasquet N, Wilson KO, Porter L, Choi K. Electronic Cigarette Harm and Benefit Perceptions and Use Among Youth. American Journal of Preventive Medicine. 2018;55(3):361-7.
  5. Levy DT, Warner KE, Cummings KM, Hammond D, Kuo C, Fong GT, et al. Examining the relationship of vaping to smoking initiation among US youth and young adults: a reality check. Tobacco Control. 2019;28(6):629-35.
  6. Wang RJ, Bhadriraju S, Glantz SA. E-Cigarette Use and Adult Cigarette Smoking Cessation: A Meta-Analysis. American Journal of Public Health. 2021;111(2):230-46.
  7. Soule EK, Plunk AD, Harrell PT, Hayes RB, Edwards KC. Longitudinal Analysis of Associations Between Reasons for Electronic Cigarette Use and Change in Smoking Status Among Adults in the Population Assessment of Tobacco and Health Study. Nicotine and Tobacco Research. 2020;22(5):663-71.


Catégories

Traitements innovants en toxicomanie

Réduction des méfaits du cannabis pour les jeunes ayant vécu une psychose


La consommation de cannabis peut être plus problématique pour les personnes ayant vécu un épisode de psychose. Stephanie Coronado-Montoya, doctorante dans le laboratoire de Didier Jutras-Aswad, plaide en faveur de la réduction des risques pour aider les personnes à gérer leur consommation problématique de cannabis.  

En examinant plus de 11 400 articles scientifiques, Stephanie a constaté qu’il existait peu d’interventions axées sur le cannabis pour les personnes atteintes de psychose qui souhaitaient réduire ou prévenir les dommages liés au cannabis. Son enquête nationale sur les préférences des patients a révélé deux demandes importantes de la part de la population : que les interventions soient courtes et basées sur la technologie.  

L’application CHAMPS répond à ces demandes (une application mobile contenant une brève intervention psychosociale visant à réduire les méfaits du cannabis chez les personnes atteintes de psychose). Pour en savoir plus sur cette initiative, veuillez écouter l’épisode complet et suivez Stephanie sur Instagram (@the.brain.diaries). 


Catégories
Traitements innovants en toxicomanie

Mars 2023

Les bases génétiques de la consommation en cannabis

Le cannabis est l’une des substances psychoactives les plus utilisées dans le monde entier. Le risque accru de développer un trouble d’usage de cannabis a récemment été associé à certains variants génétiques. Ces découvertes ont conduit à de nombreuses études pour mieux comprendre la complexité de cette relation. Dans cette optique, l’article intitulé « Bases génétiques de l’utilisation du cannabis : une revue systématique » vise à résumer certaines des connaissances scientifiques publiées jusqu’à présent sur les déterminants génétiques qui sous-tendent des comportements reliés à l’usage du cannabis, à identifier des variants génétiques associés à un risque accru de mésusage du cannabis et aux méfaits qui peuvent en découler, et à mettre en lumière l’importance de poursuivre la recherche pour mieux comprendre les susceptibilités génétiques associées à la consommation de cette substance psychoactive.

L’un des gènes couramment identifiés parmi les résultats issus d’approches génomiques est le gène CNR1, qui code pour le récepteur à cannabinoïde 1 (CB1R). Le CB1R est fortement exprimé dans le cerveau et il est la cible principale du composé euphorique du cannabis, le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC). Des études ont montré que certains variants du gène CNR1 sont associées à une plus grande inclinaison à consommer du cannabis, ainsi qu’à une sensibilité plus élevée aux effets du THC. Même scénario pour le gène AKT1, qui code pour une protéine impliquée dans la régulation de la croissance et de la survie des cellules. D’autres gènes ont également été associés à la consommation de cannabis, notamment le gène DRD2, qui code pour un récepteur de la dopamine impliqué dans la récompense et la motivation, et le gène FAAH, qui code pour une enzyme impliquée dans la dégradation des cannabinoïdes dans l’organisme.

Il est important de noter que la base génétique de la consommation de cannabis est complexe, multifactorielle et polygénique, et que les variants génétiques individuels n’ont probablement qu’un faible effet sur la propension d’un individu à consommer du cannabis. Les interactions entre certaines susceptibilités génétiques et les facteurs environnementaux, tels que la pression des pairs, la disponibilité et les normes sociales, jouent également un rôle important qui peuvent influencer la consommation de cannabis et ses conséquences. Cependant, l’étude des facteurs génétiques permet d’expliquer certains mécanismes en cause dans la réponse aux substances psychoactives, ce qui assure en retour la capacité d’identifier des facteurs de susceptibilités qui pourraient être utilisés pour prévenir d’éventuels méfaits ou optimiser certains bienfaits. Il est conséquemment important de considérer les facteurs génétiques dans la réponse aux différents produits issus du cannabis, un effort que nous mettons de l’avant au laboratoire en incluant des approches génomiques aux devis expérimentaux qui portent sur l’administration de cannabinoïdes chez l’humain. Cette démarche sera d’ailleurs mise en place dans les prochains projets qui démarreront au courant des mois à venir. Restez à l’affût de nos projets pour en savoir davantage.

Références

Hillmer A, Chawar C, Sanger S, D’Elia A, Butt M, Kapoor R, Kapczinski F, Thabane L, Samaan Z. Genetic basis of cannabis use: a systematic review. BMC Med Genomics. 2021 Aug 12;14(1):203. doi: 10.1186/s12920-021-01035-5. PMID: 34384432; PMCID: PMC8359088.

Catégories
Traitements innovants en toxicomanie

Février 2023

La décriminalisation des drogues en Colombie-Britannique : un pas dans la bonne direction pour les personnes ayant un trouble d’usage de substances ?

En Colombie-Britannique, depuis le 31 janvier 2023, la possession par un adulte de 2,5 grammes de cocaïne, de méthamphétamine et d’opioïdes ne constitue plus une infraction pénale. Ce changement de législation s’est opéré grâce à une exemption de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. La décriminalisation des drogues a été décrite comme une étape essentielle dans la démarche de la Colombie-Britannique visant à combattre les conséquences négatives associées au mésusage de plusieurs substances psychoactives, dont les opioïdes1,2. Le projet pilote de trois ans développé par la province s’inscrit dans un mouvement visant à réduire les méfaits associés à la consommation de drogues, notamment les décès par surdose et la criminalisation des personnes ayant un trouble d’usage de substances3. La consommation et la possession de drogues ne seraient ainsi plus considérées comme des infractions pénales, mais seraient plutôt traitées comme une question de santé publique.

Pour de nombreuses personnes ayant un trouble d’usage de substances, la décriminalisation représente un changement important dans la façon dont leur dépendance est perçue et traitée. Plutôt que d’être punies pour leur consommation de drogue, elles pourraient accéder aux services sociaux et de santé sans craindre d’être inculpées. La décriminalisation a également le potentiel de réduire le nombre de décès par surdoses en éliminant la crainte d’accusations criminelles qui empêche de nombreuses personnes de chercher de l’aide lorsqu’elles font une surdose ou sont témoins d’une surdose4. Les personnes qui consomment des substances à haut risque de surdose et de méfaits liés au trouble d’usage pourraient, dans ce contexte, accéder plus facilement à des interventions vitales comme la naloxone, rechercher un traitement, du soutien et des services de réduction des risques, sans crainte de stigmatisation ou de répercussions juridiques.

Néanmoins, la décriminalisation des drogues en Colombie-Britannique, loin d’être la panacée des solutions, représente une avancée significative dans la lutte contre les méfaits liés à la criminalisation de la consommation de drogues, et constitue dans l’ensemble une évolution positive pour les personnes ayant un trouble d’usage de substances5.

Références

1. CCLAT (Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances). Décriminalisation des substances contrôlées : Mémoire sur les politiques 2018. [Internet]. 2018 [cité le 2023 février 23]

2. Gouvernement de la Colombie-Britannique. Décriminalisation [Internet]. Gouvernement de la Colombie-Britannique ; [mis à jour le 7 novembre 2022 ; cité le 23 février 2023].

3. CBC News. What you need to know about drugs in British Columbia [Internet]. CBC News ; 2021 Oct 21 [cité 2023 Feb 23]

4. CBC News. Toxic drug supply’ : Why some experts say decriminalization is a key step to fight the overdose crisis [Internet]. CBC News ; 2022 Feb 23 [cité 2023 Feb 23].

5. Drug Policy Alliance. Approches de la décriminalisation [Internet]. Office des Nations Unies contre la drogue et le crime ; 2015 Feb [cité 2023 Feb 23].

Catégories
Traitements innovants en toxicomanie

Hépatite C et tatouage : Attention à l’aiguille !

Même si le coronavirus est un sujet très discuté depuis quelques années, il existe un autre type de virus qui mérite également notre attention: le virus de l’hépatite C (VHC). Mais ne vous inquiétez pas trop! Celui-ci n’est pas aussi facilement transmissible que le Coronavirus. Cependant, le VHC peut tout de même provoquer une maladie du foie non symptomatique et de longue durée. Chez un petit nombre de patients, il peut provoquer des maladies du foie en phase terminale, comme la cirrhose et le cancer du foie.

Le VHC est une infection transmissible par le sang, ce qui signifie qu’il faut un contact percutané avec le sang ou les liquides organiques d’une personne infectée par le VHC pour contracter la maladie. Habituellement, votre peau constitue une solide fortification contre le virus. Néanmoins, ce virus peut facilement franchir cette barrière par le biais d’objets pointus comme les aiguilles de tatouage. Oui ! Le tatouage peut augmenter le risque de contracter quelques maladies infectieuses comme l’hépatite C. Toutefois, ce n’est pas le cas pour la plupart des tatouages réalisés par des tatoueurs professionnels bien formés. Ces derniers connaissent leur métier et savent comment stériliser leurs instruments afin de ramener le risque à zéro pour leurs clients. C’est surtout dans les salons de tatouage amateurs ou illégaux que l’on peut trouver un problème. Une étude de Poulin et coll. a révélé que le tatouage non professionnel à l’intérieur de la prison était un facteur de risque d’infection par le VHC dans le système correctionnel provincial du Québec. Toute forme de tatouage non professionnel, comme l’utilisation de kits de tatouage à domicile, peut vous exposer à un risque de transmission du VHC. Il existe des précautions et mesures de sécurité que toute personne pratiquant l’art du tatouage devrait suivre pour rendre le tatouage sûr en termes de transmission d’infections virales. Bien que cela puisse être stressant pour ceux qui ont déjà pratiqué le tatouage à titre non professionnel, il y a aussi de bonnes nouvelles : le dépistage du VHC est très facile d’accès et, grâce aux traitements disponibles, il est possible d’éliminer le virus.

Le laboratoire du Dr Didier Jutras-Aswad contribue à une étude de cohorte sur l’infection par le VHC chez les personnes qui s’injectent des drogues (étude HEPCO) à Montréal. Vous pouvez trouver plus d’informations ici.

Catégories
Traitements innovants en toxicomanie

December 2022

A major national knowledge transfer event was held last November in Banff. The gathering, organized by the Canadian Substance Abuse Research Initiative (CSARI), brought together all staff who have participated in the OPTIMA project, including researchers, clinicians and students. 

During the event, participants were invited to take part in the sharing of the project’s results as well as in a discussion regarding the aftereffects and, more importantly, the future steps offered by these results. Several students from the Didier Jutras-Aswad Laboratory who worked on OPTIMA participated in this meeting to present their respective projects. Among others, Hamzah Bakouni, Gabriel Bastien and Laurent Elkrief participated in the « My thesis in 3 minutes » contest.

What made this experience unique was the involvement of outstanding partners. Among others, the Alberta Alliance who Educates and Advocates Responsibly (AAWEAR), a harm reduction organization, offered access to a « wellness room ». This space could be used for training, peer support, or supplies for safer substance use. A collaborator group composed of multiple members of Indigenous Peoples had set up several activities, such as the Gathering of Indigenous Nations. This event allowed guests to interact with other participants from Indigenous Peoples, including the Indigenous Talking Circle, a ceremony for sharing and creating a safe environment. A conference on the Declaration of Principles for Indigenous Research was also held.

To learn more about the Canadian Substance Abuse Research Initiative (CSARI), click here.

To learn more about the OPTIMA Project, click here.

Catégories
Traitements innovants en toxicomanie

Décembre 2022

Un évènement national de grande envergure sur le transfert de connaissances a eu lieu en novembre dernier à Banff. Ce rassemblement, organisé par l’Initiative canadienne de recherche en abus de substance (ICRAS), a regroupé l’ensemble du personnel ayant participé au projet OPTIMA, dont plusieurs chercheurs universitaires, du personnel du corps médical et des membres de la communauté étudiante. 

Lors de l’évènement, les personnes présentes ont été invitées à prendre part au partage des résultats du projet ainsi qu’à une discussion concernant les retombées et, surtout, les étapes futures qu’offrent ces résultats. Plusieurs membres du Laboratoire Didier Jutras-Aswad ayant travaillé sur OPTIMA dans le cadre de leurs études graduées ont participé à cette rencontre afin d’y présenter leurs projets respectifs. Entre autres, Hamzah Bakouni, Gabriel Bastien et Laurent Elkrief ont participé au concours « Ma thèse en 3 minutes ».

Ce qui a rendu cette expérience unique en son genre, c’est l’implication de partenaires hors pair. Entre autres, L’Alberta Alliance who Educates and Advocates Responsibly (AAWEAR), une organisation de réduction des risques, offrait l’accès à une « salle de bien-être ». Ce lieu pouvait être utilisé pour des formations, du soutien par les pairs ou du matériel permettant une utilisation plus sûre des substances.  Un groupe composé de membres des peuples autochtones avait mis en place plusieurs activités, telles que le Rassemblement des Nations Autochtones. Cette activité permettait à toutes les personnes invitées d’échanger avec des membres des Peuples Autochtones, notamment via le Cercle de discussion autochtone et une cérémonie de partage et de création d’un environnement sûr. Une conférence portant sur la Déclaration des principes de la recherche autochtone a également eu lieu.

Pour en savoir plus sur l’Initiative canadienne de recherche en abus de substance (ICRAS), cliquez ici.

Pour en savoir plus sur le projet OPTIMA, cliquez ici.

Catégories
Traitements innovants en toxicomanie

Webinaire table ronde clinique – 15 décembre 2022

Rejoignez l’ICRAS-CRISM pour discuter de la gestion clinique des troubles liés à l’usage des opioïdes sur ordonnance!

La série de webinaires sur l’essai clinique OPTIMA vise à regrouper des cliniciens de tous domaines dans une discussion sur la mise en œuvre et l’optimisation de modèles de soins flexibles pour les TLUO. La table ronde régionale, le 15 décembre à 12h HNE, sera organisée par l’ICRAS en collaboration avec le pôle ICRAS Québec-Atlantique et le CHUM! Nous entendrons un groupe multidisciplinaire de cliniciens experts, dont le chercheur principale Dr. Didier Jutras-Aswad, les médecins Dr. Suzanne Brissette et Dr. Marie-Ève Goyer, le pharmacien Pierre-Benoît Tremblay, et l’infirmière Isabelle Tetu, avec la modératrice Julie Charbonneau.

Après avoir présenté les résultats de l’essai national OPTIMA, qui s’est déroulé de 2017 à 2020, ce panel multidisciplinaire de cliniciens discutera des facteurs à considérer, les obstacles, et les avantages entourant la prescription de doses de TAO non-supervisées, comme dans le traitement BUP/NX, dans le contexte du Québec. Lors de cette discussion, le panel explorera les prochaines étapes pour optimiser et élargir les modèles de soins flexibles pour le TAO dans la pratique clinique. Inscrivez-vous dès maintenant!

INSCRIVEZ-VOUS ICI

Catégories
Traitements innovants en toxicomanie

Novembre 2022

Au Canada, près du quart de la population adulte sondée affirme avoir consommé du cannabis dans les 12 derniers mois en 2021, un comportement qui est considéré dans la majorité des cas comme plutôt sécuritaire (Fischer et al., 2021). Au Québec, c’est près de la moitié de la population âgée de 15 ans et plus qui aurait expérimenté avec l’utilisation du cannabis au moins une fois dans sa vie.

Les effets psychoactifs du cannabis recherchés par les consommateurs sont principalement attribuables à une molécule spécifique produite par la plante, soit le tétrahydrocannabinol (THC). Cette molécule appartient à une classe de composés qui sont dénombrés par dizaines et nommés « cannabinoïdes ». Le contenu en cannabinoïdes et leur concentration respective peuvent varier grandement entre les différentes plantes de cannabis et les différentes conditions de culture associées. Le cannabidiol (CBD), en revanche, est un cannabinoïde dit « non psychoactif », c’est-à-dire qu’il ne procure au consommateur aucun effet euphorique. Les produits de CBD connaissent actuellement une popularité grandissante dans la population générale, car ceux-ci sont souvent annoncés comme ayant la capacité de procurer certains effets physiologiques pouvant être bénéfiques. Les études portant sur les effets des cannabinoïdes chez l’humain se sont jusqu’à présent majoritairement concentrées sur le THC, ou alors sur le CBD, mais en fortes doses. Il appert donc primordial d’étudier de manière contrôlée les effets de l’administration du CBD à plus faibles doses, telles que les doses retrouvées actuellement sur le marché récréatif au Canada et aux États-Unis. C’est dans ce contexte que le laboratoire mène actuellement un projet d’essai contrôlé randomisé sur l’effet du CBD lorsque celui-ci est consommé par la voie orale (CBD-ingéré). Un second projet similaire sera également réalisé sur les effets du CBD, lorsqu’administré par les voies respiratoires (CBD-inhalé).

Pour plus d’information au sujet du recrutement de nos études, veuillez consulter ce lien.

Les participants recherchés devront répondre aux critères suivants :

  • Personne en bonne santé
  • Consommant du cannabis sur une base occasionnelle

Catégories
Traitements innovants en toxicomanie

Hommage à Alexandra de Kiewit

C’est avec une profonde tristesse que nous venons d’apprendre le décès d’Alexandra de Kiewit, une collaboratrice de notre équipe de recherche.

Le décès prématuré de cette femme engagée, qui menait de front de multiples causes, non seulement pour les droits des personnes utilisatrices de drogues, pour les droits des travailleuses du sexe, mais également pour l’avancement de la recherche, est une perte importante pour notre communauté.

Au nom de l’équipe du Laboratoire Jutras-Aswad et particulièrement des membres impliqués dans le projet ASCME, nous tenons à exprimer aux proches d’Alexandra nos plus sincères condoléances.